Qu'est-ce qu'une problématique ?
La problématique, c'est la question précise à laquelle votre mémoire répond, accompagnée du raisonnement qui y mène. Elle part d'un constat, montre ce qui pose problème ou ce que l'on ignore encore, et débouche sur une question de recherche claire.
On la confond souvent avec trois notions voisines :
| Notion | Ce que c'est | Exemple |
|---|---|---|
| Le thème | Le domaine général | Le microcrédit |
| Le sujet | Le thème délimité | Le microcrédit et les commerçantes de Parakou |
| La question de départ | Votre première interrogation, encore floue | Le microcrédit aide-t-il les commerçantes ? |
| La problématique | Le constat, le manque, et la question précise | Dans quelle mesure l'accès au microcrédit modifie-t-il les choix d'investissement des commerçantes du marché central de Parakou depuis 2020 ? |
Dans le mémoire, la problématique occupe en général une à deux pages de l'introduction. Elle se termine par la question principale, souvent suivie de questions spécifiques et d'hypothèses.
La méthode en 5 étapes
1. Partir d'un constat
Un fait observé, un chiffre, une situation qui interroge. Par exemple : « De nombreuses commerçantes obtiennent un microcrédit, mais peu d'entre elles agrandissent leur activité. » Le constat doit pouvoir être appuyé par une source ou une observation.
2. Lire ce qui existe déjà
Avant de poser votre question, cherchez ce que les auteurs ont déjà écrit. Une lecture rapide de cinq à dix travaux suffit à ce stade pour savoir ce qui est connu, ce qui fait débat et ce qui manque.
3. Identifier le manque
C'est le cœur de la problématique : qu'est-ce qui n'a pas encore été étudié, ou pas dans votre contexte ? Un terrain jamais étudié, une population oubliée, des résultats contradictoires, une période récente. Formulez-le en une phrase : « Aucune étude ne distingue les commerçantes des autres emprunteuses. »
4. Formuler la question principale
Une seule question, ouverte, précise et à laquelle vous pouvez répondre avec vos moyens et votre temps. Les formulations les plus utiles commencent par « Dans quelle mesure… », « Comment… », « Quels sont les facteurs qui… », « En quoi… ».
5. La décliner en questions spécifiques et en hypothèses
Deux à quatre questions spécifiques découpent la question principale. Chacune peut recevoir une hypothèse : une réponse provisoire que votre travail va vérifier. Ces questions annoncent souvent directement les parties de votre plan.
Le test des 4 questions : qui, où, quand, quoi
Une bonne problématique précise :
- Qui : la population étudiée (les commerçantes, les infirmiers, les élèves de terminale…)
- Où : le terrain (une ville, un marché, un hôpital, une entreprise)
- Quand : la période (depuis 2020, l'année scolaire 2025-2026…)
- Quoi : le lien ou l'effet que vous étudiez
Si l'un de ces quatre éléments manque, votre question est probablement trop large. Autre test simple : on ne doit pas pouvoir y répondre par oui ou par non.
Exemples avant / après dans 4 disciplines
Gestion
La gestion des stocks dans les entreprises.
Comment les pharmacies d'officine de Cotonou peuvent-elles réduire leurs ruptures de stock sans augmenter la valeur de leur stock moyen ?
Santé
Le paludisme chez les enfants.
Quels facteurs expliquent le recours tardif aux soins des enfants de moins de cinq ans atteints de paludisme dans la commune de Djougou en 2025 ?
Droit
Le droit foncier au Bénin.
En quoi le certificat de propriété foncière a-t-il réduit les litiges fonciers devant les tribunaux de première instance depuis l'adoption du Code foncier et domanial ?
Sciences de l'éducation
L'échec scolaire.
Dans quelle mesure l'accès à un manuel par élève influence-t-il les résultats en mathématiques des élèves de 3e de trois collèges publics de Parakou ?
Les 5 erreurs les plus fréquentes
- Une question trop large, impossible à traiter en un mémoire : « Le développement de l'Afrique ».
- Une question fermée, à laquelle on répond par oui ou non : « Le microcrédit est-il utile ? »
- Plusieurs questions principales au lieu d'une seule : le plan part alors dans plusieurs directions.
- Une question dont on connaît déjà la réponse : si la littérature y a répondu dans votre contexte, il n'y a plus rien à démontrer.
- Une question irréalisable : terrain inaccessible, données introuvables, enquête trop longue pour le temps dont vous disposez.
Lisez à la suite votre problématique, votre annonce de plan et la première phrase de votre conclusion. Elles doivent raconter la même histoire. Si ce n'est pas le cas, c'est souvent la problématique qu'il faut retravailler.
Comment la rédiger dans l'introduction
Une problématique bien rédigée suit en général cet ordre, en quelques paragraphes :
- Le contexte et le constat, appuyés par une ou deux sources.
- Ce que disent les travaux existants, en quelques lignes.
- Le manque ou la contradiction que vous avez repérés.
- La question principale, mise en valeur (souvent en italique ou sur une ligne à part).
- Les questions spécifiques, puis les hypothèses ou les objectifs.
Rédigez une première version dès le début, puis reprenez-la à la fin : une problématique s'affine presque toujours pendant la recherche, et votre version finale doit correspondre exactement à ce que vous avez réellement démontré.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre problématique et question de recherche ?
La question de recherche est la phrase interrogative finale. La problématique est tout le raisonnement qui y mène : le constat, ce que l'on sait déjà, le manque, puis la question. La question de recherche est donc la conclusion de la problématique.
Combien de pages doit faire la problématique ?
En général une à deux pages dans l'introduction d'un mémoire de licence ou de master. Certaines universités demandent une partie dédiée plus longue : vérifiez les consignes de votre établissement.
Faut-il obligatoirement des hypothèses ?
Pas toujours. Les recherches qui vérifient un lien (souvent quantitatives) formulent des hypothèses. Les recherches exploratoires ou qualitatives posent plutôt des objectifs ou des questions spécifiques. Suivez ce que demande votre directeur.
Peut-on modifier sa problématique en cours de route ?
Oui, et c'est fréquent. Vos lectures et votre terrain peuvent montrer qu'une question est trop large ou irréalisable. Informez votre directeur, puis mettez à jour l'introduction, le plan et la conclusion pour qu'ils restent cohérents.
Les exemples de cet article sont fictifs, écrits pour illustrer la méthode. Vérifiez toujours les consignes de votre université et de votre directeur. Élite Plume accompagne les étudiants : le travail présenté reste le leur.