Commander
Soutenance

Réussir sa présentation de mémoire ou de thèse : discours, posture, voix, tenue

Le jury évalue votre document, mais aussi votre capacité à le présenter. Un discours clair, une posture assurée, une voix posée et une tenue soignée font souvent la différence entre deux travaux de même qualité. Voici comment préparer chacun de ces points, selon votre niveau.

Par l'équipe Élite PlumeMis à jour le 4 octobre 20265 min de lecture

Ce qui change selon votre niveau

LicenceMasterDoctorat
Durée de l'exposé (indicative)10 à 15 min15 à 20 min30 à 45 min
Ce que le jury attend surtoutComprendre votre démarche et vos résultatsUne méthode solide et une analyse personnelleUn apport original à la recherche et sa portée
Échange avec le jurySouvent courtPlus approfondiLong, parfois plusieurs heures
PublicSouvent restreintVariableSoutenance publique, famille et collègues présents

Ces durées varient selon les universités et les disciplines : demandez toujours le temps exact accordé, et préparez un exposé qui le respecte à la minute près.

Rédiger le discours

Une structure simple

  1. L'ouverture : saluer le jury (le président d'abord), le remercier en une phrase, annoncer votre sujet.
  2. Le pourquoi : le contexte, le constat et l'intérêt du sujet.
  3. La question : votre problématique, vos objectifs ou hypothèses.
  4. Le comment : votre démarche, en quelques phrases.
  5. Les résultats : les trois ou quatre résultats principaux, pas tous vos tableaux.
  6. La discussion et la conclusion : ce que cela signifie, les limites, les recommandations.
  7. La fermeture : une phrase de conclusion forte, puis « Je vous remercie de votre attention ».

Consacrez la plus grande partie du temps aux résultats : c'est ce que le jury veut entendre de votre bouche.

Écrire pour être entendu, pas pour être lu

  • Des phrases courtes, une idée par phrase.
  • Des transitions visibles : « Après le contexte, voyons maintenant la méthode… »
  • Des chiffres arrondis à l'oral : « près de deux commerçantes sur trois » se retient mieux que « 64,2 % ».
  • Le « nous » ou le « je » selon l'usage de votre discipline, mais toujours le même du début à la fin.
À l'écrit

Il ressort de l'analyse des données collectées que 64,2 % des enquêtées affectent prioritairement le crédit obtenu à la constitution de stocks, au détriment de l'acquisition d'équipements.

À l'oral

Notre premier résultat est simple : près de deux commerçantes sur trois utilisent leur crédit pour acheter du stock. Très peu l'investissent dans du matériel.

Ne pas lire, mais ne pas improviser

Rédigez tout le discours pour le préparer, puis réduisez-le en fiches avec des mots-clés. Apprenez par cœur seulement la première et la dernière phrase : ce sont les moments où le stress est le plus fort et où la première impression se joue.

La posture

  • Debout et ancré : les pieds à la largeur des épaules, le poids réparti sur les deux jambes. Évitez de vous balancer ou de faire les cent pas.
  • Les mains visibles : elles accompagnent le discours. Tenez vos fiches ou une télécommande, mais pas un stylo que vous allez tourner.
  • Le regard vers le jury, pas vers l'écran : balayez les membres du jury un par un. Si vous montrez un graphique, regardez-le une seconde, puis revenez vers eux.
  • Le visage ouvert : un sourire en entrant et en saluant détend tout le monde, vous compris.
  • Pendant les questions : écoutez jusqu'au bout sans interrompre, notez, puis répondez en regardant la personne qui a posé la question.

La voix : volume, débit, pauses

  • Le volume : parlez pour la personne assise au fond de la salle. Si un micro est disponible, testez-le avant.
  • Le débit : sous le stress, on accélère. Visez un rythme posé, d'environ 120 à 150 mots par minute. En pratique, un discours de 15 minutes compte rarement plus de 2 000 mots.
  • Les pauses : marquez un silence d'une ou deux secondes après une idée importante et avant chaque nouvelle partie. Ce silence paraît long pour vous, il est confortable pour le jury.
  • L'intonation : variez le ton pour éviter la récitation monotone. Insistez sur les mots clés de vos résultats.
  • La respiration : avant d'entrer, inspirez lentement par le nez en gonflant le ventre, puis expirez longuement par la bouche, trois ou quatre fois. Cela ralentit le cœur et pose la voix.
Astuce

Enregistrez-vous au téléphone pendant une répétition complète, puis réécoutez. Vous repérerez en une fois vos tics de langage (« euh », « donc », « en fait »), les passages trop rapides et les phrases trop longues.

La tenue : sobre, soignée, confortable

Le jour de la soutenance, votre tenue doit montrer que vous prenez ce moment au sérieux, sans détourner l'attention de votre travail.

  • Sobre : des couleurs unies ou discrètes (bleu marine, gris, noir, blanc, beige), peu de motifs voyants et peu d'accessoires.
  • Formelle : costume ou chemise et pantalon de ville, tailleur, robe ou ensemble élégant. Dans de nombreuses universités d'Afrique de l'Ouest, une tenue traditionnelle de cérémonie, sobre et bien coupée, est aussi tout à fait appropriée. Renseignez-vous sur les usages de votre faculté.
  • Confortable : vous allez rester debout et sous tension pendant une heure ou plus. Évitez les vêtements trop serrés, les tissus qui marquent la transpiration et les chaussures neuves jamais portées.
  • Essayée la veille : repassée, complète, et testée assis comme debout.
  • En visio aussi : une tenue complète, des couleurs unies (les rayures fines scintillent à l'écran) et un haut qui contraste avec le mur derrière vous.

Au doctorat, la soutenance est souvent un moment public et solennel, parfois suivi d'une réception : prévoyez une tenue un peu plus habillée, et pensez aussi à la tenue de vos proches si la famille est invitée.

Le jour J : la checklist

  • Votre diaporama sur clé USB, dans votre boîte mail et en PDF (au cas où la version du logiciel diffère).
  • Un exemplaire annoté de votre mémoire, avec des marque-pages sur la méthodologie, les principaux tableaux et les limites.
  • Vos fiches, une feuille et un stylo pour noter les questions.
  • Une bouteille d'eau.
  • Arriver au moins 30 minutes en avance pour tester l'ordinateur, le projecteur et la télécommande.
  • En visio : connexion, caméra, micro et éclairage testés la veille, téléphone en mode silencieux.

S'entraîner : au moins trois répétitions complètes

  1. Seul, à voix haute, chronomètre en main : pour ajuster la durée.
  2. Enregistré : pour corriger le débit, les tics et les passages flous.
  3. Devant une ou deux personnes qui jouent le jury et posent des questions : c'est la répétition qui donne le plus d'assurance.

La veille, faites une dernière répétition légère, puis arrêtez-vous. Le sommeil compte plus qu'une répétition de plus à minuit.

Questions fréquentes

Combien de temps dure l'exposé d'une soutenance ?

En général 10 à 15 minutes en licence, 15 à 20 minutes en master et 30 à 45 minutes au doctorat. Chaque université fixe sa règle : demandez le temps exact et respectez-le, un exposé qui déborde est souvent interrompu.

Peut-on lire son discours le jour de la soutenance ?

Il vaut mieux l'éviter. Une lecture mot à mot coupe le contact avec le jury et rend la voix monotone. Utilisez des fiches avec des mots-clés, et apprenez seulement votre première et votre dernière phrase.

Comment gérer le trac avant de passer ?

Préparez-vous par des répétitions complètes, arrivez en avance, respirez lentement par le ventre avant d'entrer, et concentrez-vous sur la première phrase. Le trac diminue presque toujours après la première minute.

Quelle tenue porter pour une soutenance en visio ?

La même que pour une soutenance en salle : une tenue complète et soignée, de préférence de couleur unie. Évitez les rayures fines et les motifs serrés, qui scintillent à l'écran, et choisissez une couleur qui contraste avec le mur derrière vous.

Les exemples de cet article sont fictifs, écrits pour illustrer la méthode. Vérifiez toujours les consignes de votre université et de votre directeur. Élite Plume accompagne les étudiants : le travail présenté reste le leur.